Jean louis fournier

Un écrivain; humoriste et réalisateur de télévision né à Calais en 1938.

JL  Fournier est un auteur, un type spécial, un homme du nord qui a peur de l'attendrissement.

En route  sur les chemins d'une existence foutraque et trépidante, celle d'un homme qui demeure un adolescent.

 

Description de cette image, également commentée ci-après         La détresse d'un père

Il est le fils du médecin Paul Léandre Emile Fournier et de Marie-Thérèse Françoise Camille Delcourt, rédactrice.

Il est le créateur, entre autres, de "La Noiraude" et d'"Antivol, l'oiseau qui avait le vertige".

En 1961, il devient assistant-réalisateur pour la télévision. Il s’installe à Paris en 1963 et réalise des documentaires. En 1981, il rencontre Pierre Desproges à qui il voue une grande admiration.

Avec lui il réalise:

- La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, (dont il était le réalisateur et coproducteur, Il avait cette idée avec Pierre Desproges :  couper la France en deux, entre les imbéciles qui aimaient et ceux qui n'aimaient pas ce rendez-vous quotidien loufoque);

- ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986).


C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de l'humoriste:

"Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant non?".

Son parcours

1962     Naissance de Matthieu.

1964     Naissance de Thomas.

1982 "La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède", avec Pierre Desproges.

1992 "Grammaire française et impertinente", parodie du Bescherelle, chez Payot.

2008     Sortie de "Où on va, papa ?", chez Stock.

2010  "Poete et Paysan"

2011       "Veuf"

2013  "La servante du Seigneur"

2017     "Mon autopsie"


En 2008, Jean-Louis Fournier publia le roman "Où on va, papa? " dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés.

"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j’ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l’ai jamais fait. Ce n’était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu’à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures.."

Couverture

Le livre, qui a reçu le Prix Femina, a suscité un certain nombre de controverses.

" Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J’avais honte ? Peur qu’on me plaigne ? Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c’était pour échapper à la question terrible : « Qu’est-ce qu’ils font ? »
Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j’ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n’ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d’une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d’eux avec le sourire. Ils m’ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j’ai eu des avantages sur les parents d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu’ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j’ai bénéficié d’une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j’ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.

Jean-Louis Fournier


Jean-Louis Fournier restera l’auteur de «Où on va,  papa?», publié  chez Stock.

Il restera le père de ces deux garçons lourdement handicapés, tous deux décédés depuis la sortie de ce best-seller.

Jean-Louis Fournier demeurera l’écrivain qui sut manier l’humour dans le drame, l’ironie dans le malheur. Il sut se moquer de lui-même, de sa vie, de ses enfants pas comme les autres. Il le fit avec tant de talent qu’il en obtint le prix Femina. C’était alors un vieux complice Jean-Marc Roberts,  patron de Stock, qui avait soutenu ce livre très osé. L’éditeur y avait cru, l’écrivain avait foncé.

De sa vie qui semble partir en lambeaux, Fournier écrit  deux autres romans: "Poète et Paysan" en 2010 et "Veuf" en 2011. Cette fois, c’est la perte de sa femme, Sylvie  avec laquelle il vécut quarante ans, qui lui inspire un nouveau récit.. C’est son matériau. Un matériau qu’il ne cesse d’exploiter, de remuer et de travailler.

Suite à la "perte " de Sylvie", sa femme J L Fournier dit  " je boite".

La chronique de Marina - Veuf

De ce veuvage, on perçoit entre les lignes les signes du désespoir. Nul ne sait si Fournier sait parler d’amour,  mais il sait écrire d’amour.

«La servante du Seigneur» est sa dernière déclaration.

Il s’adresse cette fois à sa fille. Il l’interpelle de manière cinglante. Tellement bruyamment qu’on ne saurait ne pas entendre le cri d’amour et de solitude. Comme toujours avec J L Fournier le style peut dérouter. L’homme, aujourd’hui âgé de 79 ans, fait le reproche à l’unique survivante de ses enfants de s’être éloignée de lui autant que d’elle-même. De s’être égarée. «Tu étais charmante et drôle. Elle est devenue une dame grise, sérieuse comme un pape.»  La fille devenue dame a désormais dans sa vie un autre homme que son père. Ce dernier ne le nomme que par un condescendant et ironique «Monseigneur». Monseigneur a enseigné la théologie, il a entraîné la fille dans la religion. «Elle ne veut plus être artiste, elle veut être sainte. Elle l’a dit sans rire.» Et le père de railler au fil des pages l’endoctrinement de cette fille qu’il ne reconnaît plus, qu’il ne  connaît plus.

 

Rentrée littéraire 2017 : rencontre avec Jean-Louis Fournier autour de "Mon autopsie.  " Même avec son présumé cadavre dont il fait don à la science, il arrive à nous en faire rire.

 

 

"Si un jour, Jean-Louis Fournier venait à mourir pour de bon, ce qu’à Dieu ne plaise, une requête, une ultime faveur : qu’il fasse ce qu’il veut de son corps mais, de grâce, qu’il lègue son cerveau et surtout son esprit à l’humanité. Elle ne s’en portera que mieux."

Jean-Claude Raspiengeas